Roger Claudon

Claudon, Roger (1861-1915).

Cinquième enfant de Julien Théodore Claudon et de Marie, née Dollfus, Roger naquit à Paris au domicile de ses parents, 26 quai de Béthune. On notera son voyage en Algérie avec son frère Édouard. Artiste peintre, il suivit les cours à l’atelier Cormon à Paris, puis s’installa à Villiers-sur-Morin (Seine-et-Marne) – résidence d’abord secondaire qui devient officielle en 1897 – avec Marie Eugénie Pierrot (1861-1899), montmartroise, dont la mère était fleuriste près du cimetière Montparnasse et de l’atelier Cormon. Du couple naquit une fille, Yvonne (1895-1983) que Roger reconnut. Celle-ci vit le jour au domicile parisien, 18 rue Fontaine. Orpheline à l’âge de 21 ans, elle fut adoptée par Berthe Claudon, née Malétra, veuve de Gustave Claudon, domiciliée  alors 7 avenue Hoche à Paris. Elle épousa en 1919 le médecin militaire Marcel Garnier (1884-?).

À Paris, Roger Claudon vécut surtout au pied de Montmartre, 15 impasse Hélène en 1885 et 26 rue Bréda en 1889, avec une parenthèse en 1886  rue Aumont-Thiéville dans le 17ème arrondissement. À l’atelier Cormon, plusieurs condisciples furent ses amis : Louis Anquetin (1861-1932), qui l’a certainement représenté sur le tableau L’intérieur de chez Bruant (The Philips Collection, Washington), François Gauzi (1862-1933) qui a laissé sur lui quelques souvenirs encore inédits et des photos, Albert Grenier (1858-1925) et Henri de Toulouse-Lautrec qui brosse sa silhouette en 1888 dans Bal masqué, une illustration pour Paris illustré  (Henri Perruchot, La vie de Toulouse-Lautrec, Paris, Hachette, 1967, p. 207). Dans la correspondance de Lautrec à sa mère (cf. l’éd. d’Herbert Schimmel, 1992), on relève plusieurs allusions à Roger Claudon, dès novembre 1882 : “En tout cas, je serai à vos pieds au 1er avec mon ami Claudon qui est charmant” et au printemps 1886 : “J’ai diné dans la famille de Claudon avec sa mère et son frère ; ils ont été très aimables…”

Roger Claudon a participé aux “mascarades” tant prisées par Toulouse-Lautrec et ses amis. Des photographies prises par Gauzi dans l’atelier de Grenier en 1888 le montrent déguisé – et peu reconnaissable – en clown (voir le catalogue de l’exposition du Kunst Museum de Berne en 2015 : Toulouse-Lautrec et la photographie, p. 104) et dans Lautrec, mon ami de F. Gauzi, p. 127. en compagnie de Grenier et de sa future femme, le fameux modèle Lili Grenier (Amélie Sans). À Villiers-sur-Morin, au hameau Montaigu, le couple accueillait de nombreux peintres. Roger Claudon était donc un proche voisin. Il vivait dans le sillage des artistes …

Roger Claudon n’est pas répertorié dans le Bénézit. Selon Gauzi, il présenta un tableau au Salon en 1884 qui fut refusé. En 1886, il exposa à Rouen deux études (Cf. Les Salons de Province; III.  Salons et expositions. Rouen , t. I. 1833-1947). Il exposa au Salon des Indépendants quatre œuvres en 1890 (Blanchisseuses à Montmartre ; Étude ; Marchand de marron, rue Lepic ; Camelot ; Ramasseur de mégots) et 4 œuvres en 1892 (Arroseur. Étude ; Le Drochon [rivière passant à Houlgate]. Panneau décoratif ; Au bord de la rivière. Pastel. Sur l’eau).

Un grand merci à Geneviève Guitard qui travaillant à une nouvelle édition des souvenirs de François Gauzi nous a permis d’entrevoir le personnage dont nous ignorions les relations dans le milieu artistique. Nous en saurons bientôt plus …

 

 

Quelques mots sur l’ambiance familiale : Yvonne Garnier, née Claudon, fut la marraine de Jean Denieuil, né en 1928, fils aîné de Marie et Robert Denieuil (descendants d’Henry Claudon), tous deux catholiques attachés à des principes religieux. Son mari, Marcel Garnier fut le parrain de Marc Poupardin (1936-), baptisé au temple de l’Oratoire. Une tolérance certaine et plus que tout, de forts liens  d’amitié et de solidarité régnaient dans la famille. Signalons dans ce même esprit qu’Odile Moreau, née en 1918, petite-fille d’Henry Claudon épousa Pierre Sarrazin, soldat de l’Armée du Salut et milita dans cette mouvance.